Face à un objet ancien retrouvé au grenier ou hérité d’un parent, le premier réflexe est souvent de vouloir le rendre présentable : un coup de chiffon, un produit d’entretien, une petite réparation. C’est pourtant l’une des erreurs les plus coûteuses. Voici les gestes à éviter avant de faire estimer vos antiquités.
Nettoyer un tableau
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus grave. Un vernis ancien jauni ou encrassé peut sembler terne, mais il protège la couche picturale. Le frotter avec de l’eau, un produit ménager, de l’alcool, voire une pomme de terre coupée, conseil encore répandu, peut enlever des glacis, faire disparaître des détails et abîmer définitivement l’œuvre. Le nettoyage d’un tableau est un travail de restaurateur.
Cirer ou vernir un meuble
Un meuble ancien a une patine, formée par des décennies d’usage, de lumière et d’entretien. Appliquer un vernis moderne, un produit à base de silicone ou une cire teintée peut masquer cette patine et la dénaturer. Le décapage est pire encore : il efface l’histoire du meuble et fait souvent chuter sa valeur.
Polir un bronze ou une argenterie
La patine d’un bronze fait partie de l’œuvre voulue par l’artiste et le fondeur. Un produit pour cuivre la fait disparaître en quelques minutes, laissant un métal jaune et brillant qui n’intéresse plus les amateurs. Les bronzes dorés des meubles et des pendules sont tout aussi fragiles.
Recoller ou réparer soi-même
Une colle moderne mal choisie, un ruban adhésif sur une gravure, une vis ajoutée pour consolider un pied : ces réparations improvisées compliquent ensuite le travail du restaurateur et peuvent laisser des traces indélébiles. Conservez plutôt les morceaux cassés et laissez l’objet en l’état.
Laver un tapis
Un tapis ancien lavé à l’eau chaude ou avec un détergent peut déteindre, rétrécir ou se déformer. Les tapis se nettoient dans des ateliers spécialisés, selon des méthodes adaptées à leurs fibres et à leurs teintures.
Remplacer une glace ou une pièce d’origine
Une glace de miroir ancienne piquée, une poignée d’origine usée, un cadran de pendule légèrement fêlé témoignent de l’âge de l’objet. Les remplacer par des pièces neuves peut rendre l’objet plus présentable, mais souvent moins intéressant pour un connaisseur.
Jeter les éléments annexes
Boîtes d’origine, notices, factures, étiquettes, certificats, clés de pendule ou de meuble, socles de sculpture : ces éléments, qui semblent secondaires, font souvent partie de la valeur de l’objet ou aident à l’identifier. Gardez tout.
Le bon réflexe
Un simple dépoussiérage à sec suffit avant une estimation. Un antiquaire sait voir sous la poussière et tient compte, dans son estimation, du coût d’un éventuel nettoyage ou d’une restauration professionnelle. Pour un premier avis, envoyez-nous vos photos via notre formulaire, ou consultez notre page expertise.