Dans beaucoup d’appartements genevois, une ou plusieurs gravures anciennes représentant la ville, le lac ou les Alpes sont accrochées dans l’entrée ou le couloir. Certaines sont des estampes originales recherchées par les collectionneurs, d’autres des reproductions plus tardives. Comment faire la différence ?
Genève, un sujet apprécié des graveurs
Depuis le XVIIe siècle, Genève et le Léman ont inspiré de nombreux graveurs. Plans de la ville fortifiée, vues de la rade, du pont des Bergues, de l’île Rousseau, du quai du Mont-Blanc, panoramas des Alpes depuis les hauteurs de la ville : ces images ont été diffusées auprès des voyageurs du Grand Tour, puis des touristes du XIXe siècle.
Les techniques ont varié : gravure sur cuivre, eau-forte, aquatinte souvent colorée à la main, lithographie au XIXe siècle. Chaque technique a son aspect et son marché.
Original ou reproduction ?
La loupe est l’outil essentiel. Une gravure originale sur métal présente des tailles nettes, parfois légèrement en relief, et l’empreinte de la plaque, appelée cuvette, marque souvent le papier autour de l’image. Une reproduction photomécanique montre au contraire une trame de petits points réguliers, visible à fort grossissement.
Le papier donne aussi des indices : les papiers anciens, dits vergeurs, laissent voir en transparence de fines lignes parallèles, parfois un filigrane. Les marges, souvent coupées sur les gravures encadrées, comptent aussi pour la valeur.
Le coloris : d’époque ou ajouté ?
Beaucoup de gravures anciennes étaient vendues en noir, puis colorées à la main, parfois bien plus tard. Un coloris d’époque, délicat et harmonieux, est apprécié ; un coloris moderne, trop vif, l’est moins. Seul un examen attentif permet de trancher.
L’état de conservation
Rousseurs, mouillures, déchirures, papier jauni par un carton d’encadrement acide, décoloration due à la lumière : les gravures sont fragiles. Si vous en conservez, évitez l’exposition directe au soleil et faites-les encadrer avec des matériaux neutres.
Ce qui intéresse les collectionneurs
Les vues rares, les grands formats, les belles épreuves anciennes aux marges intactes et au coloris d’époque, les plans anciens de la ville et les séries complètes sont les plus recherchés. Les amateurs genevois et suisses restent très attachés à ces images de leur ville.
Pour faire estimer vos gravures, photographiez-les de face, sans reflet, et si possible en gros plan. Voir aussi notre page livres anciens et gravures.